Texte remis le 27 mars 2026, en prévision d’une présentation orale le 10 avril 2026
N.B. : Ce forum doctoral est réalisé dans le cadre de l’option recherche-création du doctorat en histoire de l’art à l’Université de Montréal. Les orientations départementales de l’option recherche-création dictent un format particulier en deux parties pour le forum doctoral, soit une présentation orale qui accompagne une « exposition » prenant la forme d’un « échantillon de pratique ». Dans le cadre de cette double présentation (orale et matérielle), il est prévu d’accorder environ 20 minutes à la présentation orale, ainsi qu’une dizaine de minutes à la présentation de l’échantillon de pratique.
La recherche et la création sont des pratiques souvent entremêlées. Dans le cas de ma thèse, je situe mon travail dans le cadre de la recherche-création car, d’une part, je mobilise les bases théoriques de ma recherche dans un processus de création; d’autre part, la pratique n’est pas un aboutissement de la recherche, je l’aborde comme un lieu d’expérimentation qui a le potentiel d’être révélateur ou catalyseur d’enjeux théoriques. Il ne s’agit pas « juste » de produire un objet culturel ou une création, mais de placer l’acte de création dans un processus plus large qui vise à contribuer à la production de connaissances en histoire de l’art. Dans son ouvrage Indiscipline !, Myriam Suchet m’a beaucoup inspirée lorsqu’elle propose de penser la diffusion de la recherche-création comme un moment de partage, où l’on peut « éprouver et donner à voir les transformations qui modifient nos manières de réfléchir » (2016, 69).
Ma pratique de recherche-création porte sur les données culturelles, c’est-à-dire des données issues du milieu artistique et dont l’étude rejoint la discipline de l’histoire de l’art. Il peut s’agir, par exemple, d’une collection d’œuvres d’art ou d’un catalogue raisonné, structurés sous la forme de données et donc lisibles par une machine (nous en verrons un exemple tout à l’heure). Ce type de description systématique présente l’opportunité d’étudier une collection en tant qu’ensemble, avec une approche quantitative. Anne Dymond emploie ainsi des indicateurs statistiques pour analyser les collections canadiennes dans son ouvrage Diversity Counts: Gender, Race, and Representation in Canadian Art Galleries (2019). J’ai également travaillé avec Valentine Desmorat sur les données publiées par le Musée d’art contemporain de Montréal (MAC). Nous avons produit des graphiques pour visualiser l’entrée des femmes artistes dans cette collection (figure 1). Elle a poursuivi avec une analyse approfondie de ces graphiques au regard des archives institutionnelles et du contexte historique, menant ainsi à une étude féministe quantitative en histoire de l’art (Desmorat 2023).

En plus du potentiel d’analyse institutionnelle, ces données offrent de nouvelles formes de découverte des collections. Au Québec, le MAC et le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) ont notamment fait un travail exemplaire d’accès public à leurs collections. Ces deux institutions ont créé des plateformes interactives qui permettent de consulter (presque) chaque objet dans leur collection, un tour de force rendu possible par la description systématique des objets dans un système de gestion de collection et son éditorialisation dans l’espace numérique. Je parle ici d’éditorialisation, plutôt que de simple publication, car un site comme le MACrépertoire offre bien plus d’interactions avec la collection que la mise en ligne d’un document linéaire (Vitali Rosati 2018).
L’accès public à ces données présente également l’opportunité pour d’autres acteur·rice·s de contribuer aux récits qui portent sur ces collections. C’est ce que j’ai choisi de faire pour ma thèse. Comme j’ai aussi une formation en informatique, je peux employer une approche algorithmique « informée par les données » (data driven) pour explorer les collections et travailler avec celles-ci. En produisant des représentations visuelles telles que des cartes ou des graphiques, je crée d’autres moyens d’accès aux données culturelles. Ma thèse porte sur les caractéristiques et sur les usages possibles de ces données1, en abordant leur représentation autant dans l’espace physique que numérique.
Mon travail débute toujours dans l’espace numérique, puisque je pars des données mises en ligne en accès ouvert (ce qu’on appelle des données ouvertes) par des institutions culturelles. J’analyse ces données et je les manipule, algorithmiquement parlant, pour progressivement trouver des formes visuelles aptes à produire un récit (narrative) à propos de la collection. Contrairement à l’approche généraliste des plateformes produites par les musées, qui permettent « simplement » de trouver le contenu de leur collection, j’expérimente avec l’idée que la création de visualisations de données culturelles soit une forme de commissariat. À la suite de Torsten Kathke et Uhlig, j’adopte plus précisément une posture de contre-commissariat dans la représentation des données, c’est-à-dire que la visualisation et la mise en récit des données a pour objectif d’attirer l’attention sur des inégalités politiques et sociales ou de créer une opposition aux récits hégémoniques (2022, 71).
Mon projet doctoral prend également forme dans l’espace physique. En effet, en plus de mes intérêts pour la cartographie et la visualisation de données culturelles, j’ai choisi d’explorer un champ encore peu connu, celui de la matérialisation de données (data physicalization). Il s’agit d’une pratique de création « d’objets (artefacts physiques) dont la géométrie ou la matérialité encode des données » (Jansen et al. 2015, 2) encore peu explorée dans le contexte des données culturelles. Cette dimension matérielle m’a amenée à adopter une posture interdisciplinaire, en pensant l’artisanat comme une technologie et la technologie comme une pratique artisanale. Mon cadre théorique est ainsi centré sur la pensée textile d’Anni Albers. Publié pour la première fois en 1965, son éloquent essai intitulé Du tissage se situe à la charnière de l’artisanat manuel et de la fabrication mécanisée (Albers 2021 [1965]). Contrairement aux méthodes à un fil comme le tricot ou le crochet, le tissage nécessite un appareillage plus complexe : le métier à tisser. L’instrumentation de la création est un enjeu fondamental dans le tissage. Définie comme une « discipline artistique qui permet d’appréhender l’interrelation entre médium et processus à l’origine de la forme » (Albers 2021 [1965], 19), la pratique du tissage aide donc à réfléchir aux enjeux techniques et matériels de la création. N’étant pas tisserande moi-même, c’est la lecture d’Anni Albers qui m’a révélé à quel point « les œuvres tissées sont des espaces de règles, de codes, et d’information. Elles procèdent […] d’opérations logiques répétées, de processus structurels, et relèvent tout autant d’une pratique d’ingénierie mécanique que du domaine artistique » (Soulard 2021, 260). On comprend ainsi que le métier à tisser et l’ordinateur suivent le même procédé technique pour former une image. Que ce soit en définissant le pixel ou le croisement entre la chaîne et la trame, les deux dispositifs construisent une image point par point, soit une « image programmée » (Soulard 2021, 260). Mon approche algorithmique, ainsi resituée au sein des pratiques textiles, m’amène également à concevoir mon corpus, c’est-à-dire les données, comme une matière ou un médium à travailler. Ainsi, loin des données « dures » (hard data) qui construisent leur autorité en prétendant à une neutralité scientifique, je fais appel aux approches critiques et au féminisme de données pour situer la production de connaissance dans la structuration et la réutilisation de données culturelles (D’Ignazio et Klein 2020; Hall et Dávila 2023).

J’ai notamment expérimenté avec ce contraste entre les « données dures » et des « données molles » dans mon installation intitulée Célébration de données molles, une matérialisation de données qui porte sur la collection du Musée d’art contemporain de Montréal (figure 2). Cette installation, présentée lors de mon examen de synthèse en mai 2025, fera l’objet d’un chapitre dans ma thèse. La suite de ma thèse portera sur la collection du Musée du peuple palestinien (MPP). Un chapitre servira à documenter le projet Bayt wa Balad, ce qui inclut le contexte général de production de connaissances, le modèle de données, ainsi que les stratégies de diffusion employées dans la plateforme de cartographie numérique. Un second chapitre sera dédié à la matérialisation de données à propos de leur collection. Ces deux chapitres feront l’objet de la suite de ma présentation.
Je collabore actuellement avec l’équipe du MPP, basé à Washington D.C., dans le cadre du projet intitulé Bayt wa Balad. Ce projet, financé par la Mellon Foundation, a pour but de documenter et de cartographier les objets de sa collection. Sa diffusion, sous la forme d’une plateforme de cartographie, est pensée comme une expérience numérique accessible en salle, pour le public du musée, mais également aux internautes, peu importe où iels se trouvent. La production d’une plateforme numérique enrichit l’expérience du public, par la navigation interactive de son contenu, par exemple, ou encore par son accès sur le Web. Sa diffusion en ligne offre des formes d’accès alternatives aux géographies et aux frontières des États-nations, un enjeu particulièrement important pour les membres de la diaspora palestinienne.
Nous sommes ainsi engagé·e·s dans un travail de recherche, de mise en données et de production de récits numériques au sujet de la collection. L’équipe est composée de :
Wafa Ghnaim, chercheuse principale d’origine palestinienne spécialisée dans la conservation de thobe, les robes brodées palestiniennes
Steve Benzek, cartographe et directeur de l’expérience numérique au MPP
Julia Pitner, directrice des programmes et des opérations
Pour la suite de cette présentation, je vais utiliser un objet de la collection, soit la robe (thobe) Gaza al-Khalil, à titre d’exemple car son histoire particulièrement riche et complexe en fait un beau sujet pour ma démonstration.
Le musée prend soin d’environ 200 objets, qui sont principalement entrés dans la collection par la voie de dons d’individus. Leur provenance est documentée autant que possible, par le biais d’entrevues avec les donateur·rice·s, par exemple. De nombreux objets restent toutefois pleins de « silences archivistiques », une problématique récurrente au sein de collections affectées par une histoire coloniale et diasporique. Edward Said décrit l’exil comme une « series of portraits without names, without contexts. Images that are largely unexplained, nameless, mute » (Said 1999 cité dans Ghnaim 2023, 22). Cette réalité s’incarne dans la description des objets au sein du système de gestion de collection du musée. Par exemple, le nom de l’artiste ou le fabriquant n’est pas connu pour de nombreux objets. (Dans les termes de Wafa :) « The designation of “Maker Once Known” holds accountable the handlers of the dress’s past, and at the same time, creates a space in the archival record for the name of the maker. » (Ghnaim 2023, 63) Sans connaître leur nom, Wafa s’est familiarisée avec la·es porteuse·s et créatrice·s de la robe et elle a reconstitué des fragments de leur histoire en analysant ses composantes. En effet, les fils, les techniques de broderie et les motifs de la robe attestent d’une trajectoire migratoire à travers la Palestine. À l’instar d’une archive matérielle, la robe documente le déplacement d’une famille à travers les générations (Ghnaim 2026).
Ce processus de recherche nous ainsi donne accès à des fragments de son histoire. Pour cartographier la trajectoire de la robe, ces connaissances fragmentaires doivent être exprimées de façon explicite dans les données. Le musée utilise CatalogIt, un système de gestion de collection également employé par le Musée Palestinien (Birzeit, Palestine), l’objectif à long terme étant de faciliter les liens entre ces deux collections. Les objectifs du projet Bayt wa balad repoussent toutefois les limites des pratiques habituelles en catalogage. En effet, il s’agit de montrer les trajectoires diasporiques des objets de sa collection, en produisant une documentation détaillée de la biographie de chaque objet. L’équipe a convenu d’une méthode « sur mesure », faisant usage de la flexibilité de CatalogIt, pour entrer ces données. Cette première version du modèle de données n’est toutefois pas complète : j’ai remarqué que plusieurs éléments de l’analyse de Wafa n’étaient pas reflétés dans les données2.
Je travaille donc à repenser ce modèle de données pour trouver des façons plus riches de décrire ce que nous savons sur les objets. La lecture de l’ouvrage d’Ashley Sanders Visualizing History’s Fragments: A Computational Approach to Humanistic Research (2024) m’a amenée à changer de perspective et à repenser le vocabulaire que j’emploie, en préférant parler de fragments plutôt que d’incertitude. En effet, lorsqu’on parle de données, l’incertitude semble être une imprécision, une zone de flou dans le catalogage et donc dans les données. Si on choisit plutôt de considérer de l’information incomplète ou partielle comme des fragments, on décrit les connaissances qu’on a réussi à acquérir au lieu de rester « bloqués » sur ce que nous ne savons pas. Par exemple, au lieu d’inscrire une seule date pour la création de l’objet, c’est désormais une pratique courante de gérer les incertitudes dans la datation d’objets en renseignant une fourchette de date qui indique entre quand et quand on pense que l’objet a été créé. Dans CatalogIt, cette propriété s’appelle fuzzy_date. Je me suis inspirée de ce principe pour décrire les fragments du récit spatio-temporel de la robe. Nous ne savons pas dans quel village exactement ce panneau de la poitrine a été réalisé : toutefois, Wafa situe sa production dans le style des villages entre les régions de Gaza et de al-Khalil. Je propose donc d’employer la même technique que pour la datation, une sorte de fuzzy_place, qui permettrait de situer explicitement la région et les villages concernés sur une carte sans « faussement » pointer sur un lieu qu’on ne connaît pas.
Dans les expérimentations cartographiques (partagées avec les exemples précédents), on peut repérer un problème important : un des premiers prototypes, réalisé avec la plateforme de cartographie choisie par Steve – la suite logicielle ArcGIS Pro, un système d’information géographique (SIG) produit par ESRI –, contient un fond de carte « par défaut », qui affiche donc un label proéminent pour l’État d’Israël tout en ignorant la Palestine. Je vous partage ce pré-prototype, dans un contexte de recherche, car il révèle une problématique centrale à notre projet cartographique. Déjà, historiquement, la cartographie est une pratique profondément rattachée à l’histoire coloniale. La cartographie critique est parvenue à démanteler la prétention à la neutralité scientifique des cartes. Il demeure que, dans l’espace numérique, nous devons aussi résister à l’hégémonie du techno-capitalisme. Dès lors, pouvons-nous profiter des fonctionnalités techniques fournies par ce logiciel tout en nous opposant à la vision du monde qu’il impose (et si oui, comment) ?
Linda Quiquivix, chercheuse et militante, nous encourage, en tant qu’utilisateur·rice·s d’un logiciel, à résister à l’apathie techno-déterministe car nous pouvons utiliser notre agentivité pour le détourner et en faire un usage transformateur (2014, 446). Dans un contexte où l’objectif reste celui de produire des cartes, la contre-cartographie offre une approche alternative à la cartographie institutionnelle en remettant en question le lieu de pouvoir formé par la distance entre réalité et représentation (Abushama 2025, 2). J’ai donc mené un important travail de recherche sur la cartographie et la contre-cartographie de la Palestine. Le travail de Hasheem Abushama nous a notamment particulièrement inspiré·e·s, car il distingue les cartes coloniales de la contre-cartographie palestinienne de la façon suivante : « If dominant colonial maps are about the neat packaging of lived realities into dominant spatio-temporal demarcations, counter-maps are about highlighting the ghostly stories and embodied spatial practices and processes of living within and beyond such demarcations. » (2025, 1) La contre-cartographie peut ainsi faire ressortir le contraste entre les systèmes complexes d’oppression et d’exploitation qui dépossèdent des communautés, tout comme les pratiques spatiales et les façons de vivre au sein, et à la limite, de ces systèmes (Abushama 2025, 6). La bibliographie que j’ai créée pour le projet, accessible sur Zotero, recense les recherches et les pratiques existantes autour de la cartographie en Palestine.
Pour travailler sur un fond de carte qui reflète une perspective palestinienne du territoire, nous avons contacté les créateurs de Palestine Open Maps, Majd Al-Shihabi et Ahmad Barclay, qui travaillent depuis plusieurs années à vectoriser des cartes qui pré-datent la création de l’État d’Israël. Palestine Open Maps, créé à partir d’Open Street Maps, répond à de nombreux besoins : la plateforme permet notamment à tous les palestinien·ne·s dont le village natal ou familial a été détruit pendant la Nakba de le retrouver sur une carte. On peut ainsi explorer et visualiser les couches historiques de ce territoire et les superposer à l’imagerie satellite contemporaine (Al-Shihabi 2021). Notre « problème » cartographique est donc devenu le lieu d’une collaboration et d’une mise en commun de ressources précieuses pour la cartographie palestinienne. Le produit de cette collaboration, des tuiles vectorisées – c’est-à-dire un fond de carte « interactif » qui s’ajuste en fonction du niveau de zoom et qui est utilisé dans les SIG – servira pour les cartes du projet Bayt wa Balad. Il sera également mis en ligne pour permettre sa réutilisation par la communauté palestinienne et pour des usages à des fins d’éducation ou de recherche.
Ce bel aboutissement, et l’enjeu même de la cartographie de la Palestine, ne faisaient pourtant pas partie du projet initial. En tant qu’équipe, c’est face au prototype « problématique » (présenté précédemment) que l’enjeu du fond de carte nous est apparu. En acceptant tout d’abord de nous arrêter pour déconstruire les façons de faire normatives, puis en reprenant le travail en favorisant une lenteur réflexive, nous avons pris le temps de reconnaître la nature sensible et violente des réalités dont il est question. Ce temps de travail « ralenti » (slowness) était nécessaire pour nous assurer de prendre soin des besoins éthiques et des enjeux politiques que ce projet soulève pour la communauté (Jacobs 2025).
###
Présentation de la matérialisation de données.
Mon travail est notamment inspiré par le collectif Visualizing Palestine, qui allie recherche et données pour produire des « visually compelling narrative interventions, with the goal of making Palestinian perspectives more accessible as part of wider anticolonial and antiracist narratives » (2025, 3).
Abushama, Hashem. 2025. « Mapping and Countermapping Dispossession in Palestine ». Transactions of the Institute of British Geographers 50 (1): e12708. https://doi.org/10.1111/tran.12708.
Albers, Anni. 2021. « Du tissage ». Dans Du tissage, Nouvelle édition augmentée, par T’ai Lin Smith et Ida Soulard. Édité par Ida Soulard. Traduit par Armelle Chrétien. Les presses du réel.
Al-Shihabi, Majd, Nermin Elsherif, Ghazal Jafari, et Timmur Hammond, guests. 2021. DIGITAL FORAYS: Space & Place I: Critical Mapping & Counter-Cartography. Produced by Hagop Kevorkian Center for Near Eastern Studies. 1:36:50. https://www.youtube.com/watch?v=xMYK1Snr8DY.
Desmorat, Valentine. 2023. « L’entrée des femmes artistes dans la collection du MAC de 1964 à nos jours. Analyses statistiques et facteurs déterminants ». M.A., Université de Montréal. https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/33193.
D’Ignazio, Catherine, et Lauren F. Klein. 2020. Data Feminism. Strong Ideas. The MIT Press.
Dymond, Anne Elizabeth. 2019. Diversity Counts: Gender, Race, and Representation in Canadian Art Galleries. McGill-Queen’s University Press.
Ghnaim, Wafa. 2023. Thobna: Reclaiming Palestinian Dresses in the Diaspora. The Tatreez Institute.
Ghnaim, Wafa. 2026. « The Palestinian Thobe as Heirloom. A Century of Dress Recycling and Displacement ». StoryMaps essay. Édité par Laura Albast. Bayt wa Balad.
Hall, Peter, et Patricio Dávila. 2023. Critical visualization: rethinking the representation of data. Bloomsbury Visual Arts.
Jacobs, Hannah L. 2025. « Critical Refusal, Slowness, and Openness: Possibilities and Challenges in Community- Oriented Digital Archival Initiatives ». Conference paper presented sur DH 2025. juillet 16.
Jansen, Yvonne, Pierre Dragicevic, Petra Isenberg, et al. 2015. « Opportunities and Challenges for Data Physicalization ». Proceedings of the 33rd Annual ACM Conference on Human Factors in Computing Systems, avril 18, 3227‑36. https://doi.org/10.1145/2702123.2702180.
Kathke, Torsten, Juliane Tomann, et Mirko Uhlig. 2022. « Curation as a Social Practice: Counter-Narratives in Public Space ». International Public History 5 (2): 71‑79. https://doi.org/10.1515/iph-2022-2046.
Quiquivix, Linda. 2014. « Art of War, Art of Resistance: Palestinian Counter-Cartography on Google Earth ». Annals of the Association of American Geographers 104 (3): 444‑59. https://doi.org/10.1080/00045608.2014.892328.
Sanders, Ashley. 2024. Visualizing History’s Fragments: A Computational Approach to Humanistic Research. 1 online resource (xxxi, 345 pages) : illustrations (chiefly color). Palgrave Macmillan. https://doi.org/10.1007/978-3-031-46976-3.
Soulard, Ida. 2021. « La pensée textile d’Anni Albers ». Dans Du tissage, Nouvelle édition augmentée, par Anni Albers. Les presses du réel.
Suchet, Myriam. 2016. Indiscipline! tentatives d’univercité à l’usage des littégraphistes, artistechniciens et autres philopraticiens. Indiscipline. Nota bene.
Visualizing Palestine, Jessica Anderson, Aline Batarseh, et Yosra El Gazzar, éd. 2025. Visualizing palestine: a chronicle of colonialism and the struggle for liberation. Haymarket Books.
Vitali Rosati, Marcello. 2018. On Editorialization: Structuring Space and Authority in the Digital Age.